Posted by: liblanc | May 21, 2010

À Perth de vue

Mon nouveau chez moi

Il aura fallu un mois à Perth pour préparer mon voyage en Australie. Basé dans la seule grande ville de toute l’Australie de l’Ouest, j’ai eu le temps d’inspecter une bonne douzaine de ‘camper vans’, ces vieilles poubelles sur roues des années ’80 reconverties en maisons mobiles, et, ne l’oublions pas, reprendre aussi goût à la vie occidentale. Perth est une ville très moderne malgré le fait qu’elle soit si isolée. J’y retrouve beaucoup de choses en commun avec le Canada, Montréal en particulier, et pourtant tant de choses y diffèrent. C’est un peu comme se retrouver chez soi mais avec toutes ces petites choses qui ont été modifiées subtilement, à tel point que cela rendrait presque fou. Mais laissons derrière ces considérations pour revenir au sujet principal: mon précieux camper van. C’est en apparence une très bonne idée de partir avec un de ces trésors. Plus petits et maniables que les campers de location, plus confortables qu’une simple voiture avec une tente, ces vans sont bien souvent d’anciens véhicules de service pour les compagnies de téléphone ou autres et ont été rachetées à bon prix par des particuliers qui les ont ensuite adaptées pour un voyage à travers le pays. Un lit, quelques étagères pour le rangement, de l’équipement de camping, une glacière et ça y est, on a tout ce qu’il faut pour bouffer des milliers de kilomètres à travers un continent fascinant, si quelque peu monotone par endroits.

Et c’est un peu un avertissement face à cette monotonie routière que mes semaines à Perth m’ont permis de bien saisir. L’Australie de l’Ouest est en fait un immense désert, mise à part la région de Perth et le sud de la côte. Le reste, jusqu’aux tropiques et même encore plus au nord, est un grand désert de sable et de terre rouge, aride mais couvert de ces arbustes, le fameux ‘bush’ qui procurent si peu d’ombre pour les légions de kangourous et les campeurs qui les arpentent. Parfois, au détour d’une rivière, les terres redeviennent fertiles et l’agriculture bat son plein. C’est un pays difficile, avec une terre inhospitalière, et parcourir les milliers de kilomètres entre Perth et Darwin, tout au nord, demande une solide préparation et des précautions particulières. Pas question de manquer d’eau ou de moyen de communication en cas d’une panne totale. Les moustiques et les mouches sont nombreux, les kangourous kamikazes rendent la conduite de nuit impossible et les rivages peuvent parfois cacher des dangers, des requins jusqu’aux poissons à la dorsale épineuse et parfois même fatale. Si on ajoute à cela les immenses ‘road trains’ qui sillonnent les routes, ces camions apocalyptiques atteignants parfois plus de 35m, il faut du courage pour entreprendre ce voyage.

Pourtant, pourtant, après avoir rencontré ces aventuriers du dimanche qui voulaient me vendre leurs camper vans à tout prix, je me suis bien rendu compte que tout cela était relatif. Certains roulaient depuis des milliers de kilomètres avec des moteurs à la limite de la rupture, sans huile, sans frein, sans aucun souci. Certains étaient préparés à bloc, comme ce gentil couple d’italiens qui avait tout en double, certains autres allaient au devant de problèmes financiers importants suite à une totale négligence des éléments mécaniques les plus simples. Avec mes connaissances limitées en mécanique, le plus souvent héritées en observant le travail minutieux de mon père sur sa voiture, j’ai inspecté et ré-inspecté ces Ford, Mazda et Toyota de fond en comble, cherchant la future panne ou le signe d’une usure ne correspondant pas à ces 250 000 kilomètres et plus. Venait ensuite l’inspection du matériel, pour que le voyage se déroule bien, sans pépin, pour que moi et Tannith, mon amie de longue date qui m’accompagne jusqu’à Darwin ne manquions de rien. Tout est enfin là, dans ce Ford Econovan, tout est en place. Il est temps de partir. Il n’y a que 5000 km d’ici à Darwin, autant en profiter à plein!

N.B. Il est particulièrement difficile d’utiliser Internet en camping! Même avec une clé 3G Optus, nos possibilités de connexion sont limitées et je ne peux répondre aux emails et poster sur le blog qu’une fois par semaine environ.  Deplus, la vie de campeur est beaucoup plus exigeante que celle de backpacker dans les hostels du monde. Les articles seront donc plus courts, avec moins de photos mais j’essaierai de les publier plus souvent et sur des sujets plus variés.


Responses

  1. Ouah !… mais c’est loin d’être une minoune à moins que les apparences soient trompeuses …. il t’a fallu seulement un mois pour dégotter cette beauté
    (je parle de la van!…) qui, si je comprends bien va devenir ton “royaume” pour quelque temps.

    J’ai remarqué aussi que les oiseaux “ne faisaient pas l’autruche” mais une parade… et quelle parade .

    sois prudent et amuse toi bien dans ce “carré de sable” qui j’espère est cette fois assez grand!!!!


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