Questions/Réponses

L'aventure d'une vie

L'aventure d'une vie

Voici une compilation de questions (et de réponses!) que des proches me posent parfois dans leurs emails et commentaires. C’est aussi un aperçu, si limité soit-il, de ce qu’est mon quotidien au travers de ce voyage autour du monde.

Pourquoi partir pour un si long voyage?

Parce que j’en avais envie! C’est quelque chose que l’on sent et qui ne s’explique pas. Il n’y a pas de mal à voyager par petits bonds de quelques jours ou quelques semaines ou alors partir pour plusieurs années, chacun doit trouver son style. Un voyage à long terme, c’est une expérience différente, avec ses avantages et ses contraintes.

Est-ce que tu te sens seul parfois?

À vrai dire: non. Il est très facile de rencontrer d’autres voyageurs car ils se retrouvent bien souvent dans les mêmes hôtels, les mêmes restaurants et, évidemment, les mêmes sites touristiques. Avec un minimum de sociabilité, il est possible de discuter avec eux, du simple échange d’informations jusqu’au début d’amitiés fortes et même plus. Le plus souvent lorsque je suis seul, c’est que j’ai désiré l’être. À quelques exceptions près comme les longs voyages en bus locaux en étant le seul étranger ou les endroits reculés sans aucun touriste, il y a toujours quelqu’un avec qui échanger.

J’ai eu la chance de croiser des gens formidables comme Dreiss au Népal et Gaelik/Aitana en Inde  et de dizaines d’autres en Asie du Sud-Est et j’ai pu voyager avec eux pendant quelques semaines. La solitude du voyageur, encore une fois, je l’ai connue seulement quand je l’ai cherchée! Parfois, cette solitude peut faire du bien.

Voyages et rencontres

Voyages et rencontres

Et le contact avec les locaux? Pourquoi si peu? Et comment en établir si tu voyages si souvent avec des amis?

C’est la partie qui peut sembler décevante dans un voyage de la sorte: toutes ces destinations et pas foutu d’établir le contact avec des locaux et seulement des discussions avec d’autres routards! Mais il faut comprendre que beaucoup d’obstacles se dressent sur la route de celui qui voudrait s’enrichir d’un vrai contact avec les gens du pays.

Tout d’abord, il y a la racine du mal: l’argent. Difficile d’établir un vrai contact avec des gens qui ne pensent qu’à obtenir votre argent, peu importe la manière. Bien sûr tous ne sont pas de cupides profiteurs mais vendre (et parfois arnaquer) le touriste est ltrès souvent eur gagne-pain. La relation est donc biaisée dès le début et bien chanceux celui qui pourra avoir une discussion de fond avec un vendeur ou un faux-ami. Mais cela ne veut pas dire pour autant que toute relation est impossible. À Delhi par exemple, pendant que mes amis visitaient une boutique de souvenirs, j’ai eu l’occasion de discuter avec un des vendeurs à propos de la situation tendue avec le Pakistan et de politique indienne en général. Tout a commencé en jetant un coup d’œil sur le journal du jour (en hindi) et une remarque sur M. Singh, l’actuel premier ministre indien. Pendant que son collègue essayait de convaincre mon amie Aitana d’acheter des broderies, ce vendeur a remplacé son discours habituel par une vraie discussion politique sur les enjeux d’une possible guerre. Ce n’était certes pas une grande relation d’amitié qui débutait entre nous et il ne m’a pas invité à rencontrer sa famille ou visiter son village natal mais pouvoir discuter de la sorte, de manière désintéressée, peut donc se produire dans un endroit où on ne s’y attendait pas. J’ai eu de fascinantes discussions avec un médecin indien dans un train de nuit, avec un chauffeur de bus scolaire népalais entre deux joints (!) et plus encore. Il faut toujours garder l’esprit ouvert et aiguiser le sixième sens qui sait faire la différence entre une personne animée de bonnes intentions et un vendeur à commission.

L’autre grand obstacle à établir le contact avec la population locale est bien sûr la langue. Avec l’anglais, on parle surtout aux vendeurs, aux chauffeurs de rickshaw et à toutes les autres personnes qui sont reliées de près ou de loin à l’industrie touristique. Apprendre un peu de la langue locale est précieux mais rarement suffisant. Il faut pouvoir trouver un guide ou un ami qui vous ouvre les portes de la vie locale. Et tout cela doit être préparé et travaillé. Le temps nécessaire pour mettre en oeuvre ce contact est souvent bien plus long que ce dont le voyageur dispose.

La meilleure façon d’établir un vrai contact et de rester sur place et d’y travailler, que ce soit comme volontaire ou comme salarié. C’est de cette manière que les contacts s’établissent vraiment mais c’est malheureusement une contrainte de temps et de moyens qu’il n’est pas toujours facile à intégrer dans un voyage.

Qu’est ce qui te manque le plus?

D’un point de vue purement matériel, je dirais que rien ne me manque vraiment. Je me suis rapidement fait à une diète différente et même lorsque le fromage ou le chocolat ne sont plus que de vagues souvenirs, il est assez facile de les remplacer par des substituts locaux pour pas très cher. Cela dit, le fromage est probablement ce qui est le plus difficile à remplacer pour quelqu’un qui a passé autant de temps en France!

Du côté sentimental, je dirais qu’il me manque parfois quelqu’un pour partager les aventures. Voyager seul a de gros avantages mais toutes ses péripéties, toutes ces aventures, pourraient contribuer à construire une relation, à la solidifier. Mais il serait idiot d’attendre d’être en couple pour voyager. Comme je l’ai dit plus haut, il faut le faire lorsqu’on est prêt.

Enfin, je dirais qu’à ma grande surprise, le travail me manque. J’ai eu la chance de travailler avec bien plus que des collègues; je travaillais avec des amis. Cet esprit d’équipe et la satisfaction du travail accompli sont quelque chose que j’apprécie maintenant à leur juste valeur. Je ne suis toujours pas un grand carriériste mais je sais maintenant ce que je veux avoir dans ma vie professionnelle (si jamais elle redémarre un jour!).

Qu’est ce qui est le plus dur dans tes journées?

De loin: trouver où loger. C’est ce que je déteste. C’est parfois complètement déprimant de devoir visiter des dizaines d’hôtels (ou plutôt guesthouses) toutes plus glauques les uns que les autres jusqu’à enfin se résigner à prendre une chambre salle, chère et dans un environnement bruyant. Quand je ne prévois rester qu’une nuit ou deux dans un endroit, c’est acceptable et je ne me formalise pas. Mais lorsque j’aimerais rester plusieurs jours au même endroit car il m’inspire, ne pas trouver un endroit agréable pour y dormir nuit beaucoup à l’expérience.

J’ai constaté que la qualité de mon guesthouse jouait beaucoup sur le fait que j’apprécie ou non le village ou la ville dans lesquels je me trouve. C’est surtout important en Inde où les journées dans la ville sont assez fatigantes et un havre de paix est toujours bienvenu.

Qu’est ce qui est le plus utile dans tout le matériel que tu transportes?

Les chaussures de marche. Trop souvent les guides de voyage suggèrent de ne porter que des sandales, quitte à porter des chaussettes avec quand il fait froid. Je ne suis pas d’accord: il y a beaucoup de moments où les chaussures de marche fermées sont une nécessité.

Mon sac de couchage en soie acheté à Jaïpur est aussi incroyablement pratique. Confortable, il assure aussi une protection contre les lits pas toujours très propres et la literie souvent dans un état pitoyable (et qui n’a que rarement vu du détergent dans son existence!). Il est compact, confortable et facile d’entretien.

Qu’est ce qui est le plus inutile dans tout le matériel que tu transportes?

Voyager léger, sans superflu

Voyager léger, sans superflu

Pour l’instant, j’ai un peu de mal à justifier tout le matériel anti-moustique. Les crèmes, le produit à appliquer sur les fringues et le moustiquaire occupent énormément d’espace dans mon sac. En deux mois, j’ai du utiliser le moustiquaire que pour cinq ou six nuits. Il est vrai que le Népal ne présente pas de risque de malaria hors saison de la mousson et que le nord de l’Inde en hiver est trop froid pour la prolifération de nos ennemis ailés mais je crois que mon passage en Asie du sud-est sera différent. À voir.

L’immense kit de premiers soins est aussi sur la liste des objets qui ne feront peut-être pas l’ensemble du voyage. Je me demande vraiment pourquoi je trimballe autant de bandages, de médicaments, de compresses et une bouteille d’anti-septique.

Mise à jour Juin 2009: le moustiquaire sert toujours aussi rarement mais assure de pouvoir dormir presque partout. Le kit de premier soins a beaucoup diminué de volume mais les chaussures de marche servent de moins en moins. À part pour les trekkings dans la jungle et parfois les déplacements entre villes, elles sont lourdes et inutiles.

Le laptop n’est il pas encombrant et trop fragile/précieux pour ce genre de voyage?

Voyager avec un laptop est bien souvent comme voyager avec un bébé. Il faut constamment garder un œil sur ce qui lui arrive, ne pas le brusquer, ne pas le laisser seul. Mais il rend aussi de très grands services. Impossible de travailler les photos sans lui. Les solutions online pour l’édition de photos ne fonctionnent pas très bien dans les cafés internet ne disposant pas de bonnes connexions ou d’outils adéquats. Les versions logicielles des browsers y sont souvent ante-diluviennes et les ordinateurs ne disposent pas de bon matériel. Avec en moyenne 1000 photos par mois, il faut une plate-forme de traitement photo portative.

De plus, le laptop est particulièrement utile comme source de divertissement, pour soi et pour les autres. Il peut jouer de la musique, présenter des photos, des films, des DVDs, etc. C’est le remède miracle contre les coups de blues!

Ton voyage va durer combien de mois?

Entre six mois et trois ans.

Tu comptes aller où?

Partout où j’en aurai envie.

Quel est ton budget?

C’est un peu compliqué de fournir une réponse à cette question car cela dépend beaucoup du pays visité. Mais en moyenne, le budget est de 1000euros par mois, ce qui doit inclure les déplacements autres que les billets d’avion entre pays. Pour ces derniers, j’ai un total de 4000euros prévu ce qui est très large. Donc en gros, pour un an autour du monde, on est dans les 16000 euros.

Par contre, je compte le plus souvent en budget quotidien et j’essaie de me tenir à 25euros/jour en moyenne, ce qui fait 750euros par mois.

Est-ce que tu arrives à tenir ton budget?

Suivre son propre chemin

Suivre son propre chemin

Pour le Népal, je suis environ à 1000euros mais pour 40 jours ce qui était légèrement supérieur aux 25euros/jour. Le dépassement s’explique par les activités comme le rafting, trekking (achat matériel) et surtout le para-pente. Il est important de garder des fonds pour ce genre d’activités sinon le voyage est bien triste!

Pour l’Inde, je suis plutôt à moins de 400euros par… mois. Oui, c’est si peu cher que cela voyager en Inde. Mais tout l’argent mis de côté dans ce pays sera probablement dépensé lorsque je serai en Australie..

À noter que je ne suis pas vraiment un vrai routard et qu’il est possible de voyager pour beaucoup moins en mangeant plus souvent dans les marchés, sans boire d’alcool, en dormant dans des dortoirs et en utilisant les transports de base et jamais les bus de type ‘touriste’. Et bien sûr sans faire de parapente ou de sorties culturelles (14$ US l’entrée du Taj Mahal!)

Mise à jour Juin 2009: La Thaïlande était à moins de 20 euros par jour et c’était encore moins cher au Laos (sauf que le Gibbon experience et le kayaking ont coûté assez cher!). Le Cambodge n’était pas donné, surtout sur la nourriture, et la Malaisie est pgénéralement lus chère que la Thaïlande (mais il faut y inclure le budget des Perenthian Islands qui est totalement hors de prix). Singapour est évident le plus cher mais c’est raisonnable pour une ville aussi développée et s’y nourrir est un plaisir (pour pas cher!).

Passes-tu beaucoup de temps sur Internet? On t’y voit régulièrement! (Facebook, blog, emails, etc)

Oui, et c’est quelque chose que j’essaie de contrôler. Internet c’est le lien qui me relie avec famille et amis mais c’est aussi quelque chose qui prend beaucoup du temps précieux que je pourrais consacrer à profiter des endroits que je visite. Devant un écran, aucune chance de communiquer avec les locaux et encore moins de découvrir des sites intéressants. Il faut donc pouvoir être raisonnable et savoir déconnecter de temps à autres. Mais c’est aussi un refuge! J’ai tapé ce texte assis dans un café internet de Delhi avec un cappucino et un morceau de gâteau au chocolat devant moi!

Quel est ton endroit/pays préféré jusqu’à présent?

Difficile à dire avec seulement le Népal et l’Inde à mon actif. Je dirais que le Népal est globalement plus accessible et plus reposant que l’Inde et donc qu’il gagne des points. Cela dit, le Népal n’offre pas les mêmes expériences que l’Inde.

En Inde, mon endroit préféré reste Varanasi, une ville bouleversante.

Mise à jour Juin 2009:

J’ai aimé la Thaïlande pour s’y reposer et faire la fête mais le Laos m’a laissé de très, très bons souvenirs. Luang Prabang est magnifique et mon séjour dans un hamac de Don Dhet m’a fait le plus grand bien.

Comme grande ville, Kuala Lumpur reste ma préférée.

J’aimerais te rejoindre pour visiter <nom du pays>, c’est possible?

Bien sûr. Mais attention, mon itinéraire se fait au fur et à mesure et il n’est pas évident pour moi de savoir oû je serai la semaine prochaine!

De quoi se compose ton matériel photo?

Je trimballe deux appareils photo:

1 Canon 400D reflex numérique avec deux objectifs:

  • le 18-55mm Canon de base avec le kit 400D
  • un 70-300mm 5.6 Sigma
  • un objectif grand angle 10-22mm Canon
  • un objectif 18-200mm Canon

1 Casio Exilim EX-5101

1 Fujifilm wp33 waterproof

Le 18-55mm est souvent complètement inutile car peu lumineux et très mauvais. Je préfère prendre les photos de paysage avec l’Exilim car ça ne me demande pas de changer d’objectif quitte à avoir du JPG plutôt que le RAW du 400D. L’Exilim sait aussi filmer ce qui s’avère souvent très pratique. Il peut se glisser discrètement dans une poche et sert donc souvent d’appareil d’urgence.

Le 400D est presque toujours armé du 70-300 telezoom pour pouvoir prendre des portraits ou des photos similaires comme des scènes de rue. Malheureusement, sa limite d’ouverture à 5.6 nuit beaucoup à son utilité et il atteint rapidement ses limites.

À mon passage à Singapour, je prévois changer les deux objectifs du 400D pour quelque chose de lumineux et plus professionnel, quitte à transporter de l’équipement plus cher et plus lourd dans mes sacs.

Mise à jour Octobre 2009:

J’ai perdu le 70-300mm quelque part au pied du Kawah Ijen, j’ai renvoyé le 18-55mm en France et je me suis procuré un grand angle 10-22mm à Singapour. Pour remplacer le 70-300mm perdu, j’ai opté pour un 18-200mm de Canon lors de mon passage à Hong-Kong. Ces deux objectifs couvrent très bien la plage de focales nécessaire pour un voyage, ils sont plus lumineux et de meilleure fabrication que les précédents et, en bonus, ne sont pas si lourds que ça.

Pour le Casio, il était très pratique ainsi que discret mais il ne me permettait pas de prendre des photos sous-marines ni de l’emmener en rafting et dans les conditions difficiles (ex. pluie). J’ai acheté un Fujifilm waterproof lors de mon passage à Montréal mais je ne suis pas convaincu de sa qualité optique. Les photos semblent beaucoup plus granuleuses, surtout en faible luminosité. Son interface n’est pas très bonne et il est légèrement plus large que le Casio. À voir.

Pourquoi WordPress pour ton blog et pas Blogspot/Live/Autres?

Je suis très mauvais en ce qui concerne le HTML et tous les outils de publication web. WordPress m’a semblé plus simple et le résultat me plaît. Du moins pour l’instant.

Il faut suivre les coutumes locales..

Il faut suivre les coutumes locales..

Responses

  1. Bonjour Richard,
    C’est ne réel plaisir que de te lire. Si tu passes par le Mali, fais-moi signe! Bon voyage, Martine

  2. […] Questions/Réponses Posted by: liblanc | June 11, 2009 […]

  3. Félicitations pour ce voyage, mon vieux ! j’ignorais que tu es à l’étranger, en train d’explorer notre habitat ! Je lis tes articles avec délice. Porte-toi bien !

    Louis-David
    Alias Docterat

  4. Salut, ben moi aussi j’ai découvert grace a Facebook (et Marie-Hélène) que tu faisais le tour du monde 🙂
    Cool en tout cas tes récits et a bientôt surement

    Turel alias ben Turel le belge si tu me situes plus lol

  5. Mais quand est-ce que tu rentres bon sang ? 🙂
    Bon moi je reviens d’Islande, un petit tour de cette magnifique île : ça vaut le coup ! Mais vaut mieux se dépêcher : après Octobre ça devient une autre expérience, sauf peut être pour un semi-québécois

    Beau site en tout cas, plaisir de te lire : keep on posting !

    Stéph


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