Posted by: liblanc | April 19, 2010

Jours birmans, deuxième partie

À chacun son transport

23/03 Jour 7 – Aridité

Dernier jour à Nyaungshwe, il est temps de partir. Pour cette dernière aventure sur les berges du lac, nous partons à pied pour la journée, à suivre un guide local qui nous amènera dans les villages de la région. Plus de six heures de marche sous un soleil de plomb, à travers des paysages

sans vraiment de verdure. La terre est poussière, l’air est sec. La marche ne sera certainement pas la plus agréable ni la plus facile mais elle sera tout de même plaisante. En descendant dans les vallées, nous parcourons des champs où pousse de l’ail, des légumes, du tabac. L’irrigation ou la présence d’un simple ruisseau peuvent parfois faire des merveilles. Les villages sont calmes, les habitants y cherchent refuge contre la chaleur et de la sécheresse. Les locaux restent au frais, à l’ombre, et nous regardent passer dans leurs villages avec le sourire.

Arrêt dans une école et dans un orphelinat. En cette saison de vacances scolaires, les enfants sont bien souvent avec les adultes pour travailler aux champs le matin et le soir. L’école des plus petits reste ouverte et, avec Yves et Christophe, deux français qui marchent avec nous, nous profitons du passage pour saluer ces petits gamins aux yeux intrigués et les laisser nous chanter quelques couplets des chansons locales. Ce sera un des moments forts de la journée et ces mélodies resteront avec nous pour le long, très long parcours jusqu’à Hsi Paw, un village situé dans le nord-est du pays. Il faudra d’abord faire les quatorze heures jusqu’à Mandalay et ensuite les six heures jusqu’à Hsi Paw. Ce trajet sera interminable, souhaitons que Hsi Paw soit aussi bien que ce les guides et les autres voyageurs nous ont décrit.

24/03 Jour 8 – Hsi Paw

Aux aurores, dans le terminal de Mandalay, en attente de notre bus, le moral tient toujours bon. Il est précieux de voyager avec quelqu’un avec qui l’on s’entend bien pour affronter de telles situations. La vigilance est à son plus faible, il serait facile d’oublier un sac, son portefeuille ou je ne sais quoi. Il serait tout aussi facile de somnoler et de rater son bus. Trois heures d’attente en extérieur, assis à une table devant une cuisine de fortune. Cafés, thés, riz frit, la diète du voyageur. À nouveau, ce sera une surprise de voir le bus pour lequel nous avons acheté un ticket. Celui-ci sera un des pires de toutes l’Asie du sud-est, une vieille carcasse sur roues, chargée à bloc de sac de riz, de caisses de bouteilles de whisky et d’autres produits dont nous ignorons l’origine. Le bus s’arrêtera dans tous les villages, non, dans tous les hameaux de Mandalay à Hsi Paw, pour un périple de plus de sept heures au lieu des cinq ou six promises. Le bus est à la fois transport de passagers et marchandises. Fatigués, irrités, épuisés, nous regardons ce paysage aride et ces cours d’eau taris tout en souriant. L’aridité des lieux nous semblent irréelle, la vie semble s’être évaporée. Mieux vaut en rire, pour l’instant.

Hsi Paw est une petite ville le long d’une route où circulent les camions chinois qui vont et viennent vers la frontière. À nouveau, la poussière est difficilement supportable et l’air est sec. Est-ce vraiment la peine de faire six heures de plus pour gagner Namshan, un village dans les collines, et ensuite marcher trois jours pour revenir à Hsi Paw? La journée se terminera en buvant une bière avec les autres voyageurs de passage, ceux qui logent aussi dans notre guesthouse. Ils sont aussi bien canadiens qu’anglais ou allemands, et certains nous disent qu’ils viennent de passer six jours ou plus à Hsi Paw. Le soleil les aurait-il affectés à ce point? Il n’y a rien à faire dans ce village maudit.

À Hsi Paw, on mange bien!

25/03 Jour 9 – Repos

Inès ne se sent pas très bien. Les nuits dans les bus sur-climatisés, les changements de température et la diète du voyageur commencent à peser sur sa santé. Elle se reposera donc toute la journée alors que de mon côté je profiterai de ces heures pour découvrir les environs. Première belle surprise: un petit restaurant où la famille qui l’opère est absolument charmante. La nourriture est un peu différente d’ailleurs, avec des recettes comme le poulet paprika et, la spécialité de la maison: un délicieux jus de fraise. C’est la saison des fraises au Myanmar et il en sort de partout. De vieilles dames vendent ces minuscules fruits sucrés à chaque coin de rue. Le jus en question est particulièrement frais, fait avec les fraises achetées le jour même auxquelles on ajoute du lait condensé et du coco râpé. Un délice, un nectar presque divin qui aura comme conséquence d’attirer tous les occidentaux de passage à Hsi Paw et de faire de ce restaurant l’endroit de prédilection pour rencontre et d’échange.

Au cours de ces échanges, la réalité devient de plus en plus claire. Nous n’irons probablement pas marcher dans les collines avoisinantes. Trop chaud, trop sec, trop peu intéressant. Il est préférable de rester un peu au village, de se balader le long de la rivière, d’explorer la proximité plutôt que de s’aventurer dans les chemins reculés. Ce sera sans doute la première déception du voyage au Myanmar. Ces paysages qu’on nous avait promis, nous ne les verrons pas. Au tout début, nous envisagions d’aller jusqu’à Putao, à l’extrême nord du pays, à la porte de l’Himalaya, mais les coûts, le visa spécial qui doit être accordé et la durée réduite de notre voyage rendent la destination impossible. Les fantastiques paysages du Myanmar seront pour une autre fois.

Après plus de vingt heures de bus et d’attente, il faut quelques jours pour retomber sur ses pieds. Inès se repose pour une deuxième journée alors que je commence à trouver l’endroit ennuyeux. Je me sens dans un cocon, allant de la chambre jusqu’au petit restaurant à jus de fraise, en passant par la véranda de l’hôtel pour y voir les copains. Nous nous demandons alors si ce n’était pas une erreur de venir jusqu’à Hsi Paw. Le Lonely Planet est, comme bien souvent, charmé par l’endroit : ‘On y vient pour deux jours et on y reste une semaine’. La seule raison pour y rester si longtemps nous semble être l’extrême fatigue qui résulte d’être venu jusqu’ici. Certains voyageurs partagent leurs histoires de transit à travers le Myanmar, avec de bons commentaires à propos du train qui relie Mandalay à Hsi Paw. Un voyage tout en lenteur, qui nécessite deux fois plus de temps que le bus mais qui offre le confort relatif du train et qui permet de mieux voir les paysages (mais quels paysages? Tout est brûlé!). Peut-être le train sera t-il notre porte de sortie de Hsi Paw?

Un petit groupe se forme pour une balade vers le ‘Little Bagan’, quelques minuscules stupas qui se trouvent à vingt minutes au nord du village. Je prends l’appareil photo avec l’espoir que l’inspiration reviendra pour chasser le manque d’intérêt qui me gagne. Ce sera au final une sage décision car, à défaut d’offrir des paysages verdoyants, Hsi Paw est une vitrine sur la vie des birmans. Quelques moines en robe, des paysans qui reviennent des champs avec leur buffle, des vieilles dames assises dans leurs échoppes, tout y est. Rien n’est incroyablement original et tous ces éléments sont omniprésents en Asie mais c’est le tout qu’ils forment qui revêt un intérêt certain. Il y a une sorte d’équilibre qui règne, une tranquillité qui se respire et qui s’apprécie. C’est une balade simple, sans grandes ambitions, mais c’est souvent celles-ci qui sont les meilleures. Les choses viennent vers nous plutôt que le contraire. Quelques bonnes photos, un retour par les champs et les rizières, une bière bien méritée à la fin, c’est une bonne journée.

Vieux pont et nouveau coucher de soleil

26/03 Jour 11 – Sommet

Le Lonely Planet avait peut-être raison après tout: on reste toujours à Hsi Paw plus longtemps que prévu. Il est certes temps de partir et de continuer ce voyage dans le reste du pays mais la liste des possibilités diminue au fil des jours qui passent. Plus question de courir, il vaut mieux profiter des lieux que nous découvrons plutôt que de vouloir tout voir. Les périples en bus de nuit nous sont maintenant insupportables et la patience a atteint ses limites. Ce sera le dernier jour à Hsi Paw avant de reprendre la route vers Mandalay. Quelques jus de fraises, quelques bières chinoises (moins chères) et encore un peu de ce poulet au paprika. Le programme de la journée aurait très bien pu se limiter à s’asseoir à la table de notre restaurant préféré mais, poussé par un sentiment tenant plus de la culpabilité que de l’intérêt, nous partons pour une balade en dehors du village, vers un monastère perché au sommet d’une colline, accompagnés par Martina, une jeune suédoise qui logeait au même hôtel que nous.

À nouveau, c’est ce genre de balade qui offre les meilleures opportunités pour rencontrer des gens et capturer de magnifiques images. Le monastère comme tel n’est qu’une simple cabane en bois mais la vue du sommet de la colline est intéressante. La brume de saison et la fumée des brûlis limitent la visibilité, nous empêchant de voir les montagnes au loin, mais tant pis. Voir les méandres de la rivière et observer Hsi Paw depuis les hauteurs valent bien la marche jusqu’ici. Un moine solitaire nous offre le thé, comme toujours, et nous demande de signer son registre. Dommage qu’il ne parle pas anglais (ou espagnol!), la discussion en terrasse, une tasse de thé à la main, aurait été des plus fascinantes. Au retour, avant de passer le vieux pont craquelant qui ramène du côté du village, nous croisons enfants et adultes qui se jettent devant nos appareils photos pour nous offrir leurs plus belles expressions et leurs plus beaux sourires. Les touristes ne laissent certainement pas indifférents dans ce pays. Enfin, comble de l’hospitalité, alors que nous attendons Inès qui se déchaîne photographiquement devant ce coucher de soleil, le gardien du pont s’approche de Martina et moi, dans son bel uniforme (et ses sandales) pour nous offrir des tranches de pastèque. Moment unique.

27/03 Jour 12 – Fluvial

Toujours à Hsi Paw. Quelques amis nous ont fortement recommandé la balade en bateau sur la rivière. Un tour guidé d’une journée, à remonter le cours d’eau vers (encore) des monastères, des plantations de fruits exotiques et, enfin, la possibilité de se baigner dans les eaux fraîches à la confluence des deux rivières. Un petit groupe s’est formé sur la véranda de l’hôtel et nous sommes donc cinq ce matin à prendre place à bord de cette longue barque pour d’autres aventures. D’expérience, je n’ai jamais vraiment regretté ce genre de visites en Asie, sachant très bien que la vie se trouve le long des cours d’eau. La journée est chaude et brumeuse, rien de nouveau sur ce front, mais la rivière et ses berges sont un tableau intéressant, une perspective différente. Après le sommet des collines, nous profitons de la fraîcheur de la rivière. Notre guide nous emmène marcher dans les champs, pointant ça et là les différents arbres et plantes exotiques. Pour certains dans notre groupe, c’est le premier contact avec un plant d’ananas. Et oui, le fruit pousse au niveau de la terre, au centre de cette large plante. Mais où donc pensiez-vous qu’elle pouvait bien pousser? Le monastère au bout du chemin sinueux ne sera rien d’original mais nous profiterons de l’ombre, du thé et des petits biscuits pour poser à nouveau les questions qui s’imposent. Pourquoi tous ces moines dans l’ensemble du pays? Pourquoi tous ces jeune garçons en robes rouges et oranges? Pourquoi ne sont-ils pas dans les écoles? Les réponses convergent bien souvent vers la réalité crue du pays: sans divertissement, sans vraiment d’avenir, sans possibilité de voyager, les gens prient. Buddha leur offre la fenêtre sur un monde plus gai que celui dans lequel ils vivent. C’est en fait si simple.

Le moment fort de la journée sera la possibilité de se baigner dans la rivière. Le plaisir de sauter dans les rapides, de nager dans cette eau rafraîchissante. Malheureusement pour moi, ce sera aussi le moment où la santé commencera à flancher. Plus d’un an sans être malade, à manger un peu de tout sans me poser de question, à me croire invincible. Un dur retour à la réalité qui me fera passer plusieurs heures, et toute une nuit, à songer à ces jours infernaux lors de mon séjour à Delhi, tordu de douleur dans une chambre froide et poussiéreuse, à attendre que le mal s’élimine de lui-même. Nous partons en bus le lendemain matin, il faudra du courage et toute la foi en un prompt rétablissement pour affronter les six heures jusqu’à Mandalay.

Les verdoyantes collines de Hsi Paw!

28/03 Jour 13 – Citadine

La route est bien plus facile cette fois-ci. Le bus est moderne et confortable. Il ne faudra que six heures pour gagner Mandalay. Le premier contact avec la ville n’est pas très encourageant. Lors de notre transit au premier passage, en route pour Hsi Paw, la ville était encore plongée dans l’obscurité. En cet après-midi chaud et poussiéreux, Mandalay n’a pas si belle allure. Le trafic est intense, le bruit omniprésent. La ville est par contre assez verte, de beaux grands arbres bordent les rues. Le quartier dans lequel nous logeons, là où se trouve une autre de ces auberges birmanes très propres et organisées, n’a rien d’exceptionnel. Il est central mais rien n’est vraiment à portée de notre courage pédestre. Il devient rapidement évident que nos transports ici demanderont toute notre patience et habileté à négocier avec les chauffeurs de taxi mais aussi avec les tri-shaws, ces vélos dotés de sièges passagers sur le côté. D’autres pays d’Asie, comme le Vietnam, ont aussi des tri-shaws mais la configuration de ceux du Myanmar est unique. Un vieux vélo avec un ‘sidecar’ double sur lequel prennent place deux passagers assis dos à dos. Il faut de sacrées jambes pour faire avancer un tel véhicule lorsque deux occidentaux s’y trouvent!

La journée, ou plutôt la nuit, se terminera par une balade au marché du centre-ville, une grande artère prise d’assaut par les vendeurs de fringues made in China, de gadgets, de friture et de brocante. Un autre dîner pris sur le pouce, assis sur ces minuscules tabourets de plastique, à choisir des brochettes aux textures inconnues et des soupes de nouilles aux ingrédients indéfinissables. Mandalay de nuit n’est guère vivante et il manque singulièrement d’endroits où des échanges seraient possibles, comme les bia hois vietnamiens ou les restaurants de rue thaïlandais. À l’image de Yangon, où presque tous les commerces ferment avant 22h, Mandalay s’endort relativement tôt dans la nuit, au son des générateurs qui essaient tant bien que mal de garder la ville éclairée lors des si nombreuses coupures de courant.

29/03 Jour 14 – Dorure

Il faudra bien explorer Mandalay, malgré ses aspects plutôt rébarbatifs. Tout d’abord, nous nous informons sur les techniques pour éviter de payer les 10$US qui couvrent les visites des sites principaux. Il est bien connu des touristes que cette somme ne va pas du tout à l’amélioration ou l’entretien des sites de la ville mais plutôt directement dans les coffres de la junte militaire au pouvoir. Un touriste ‘éthique’ se doit, paraît-il, de prendre tous les moyens pour éviter de débourses cette somme. Il existe de nombreuses manières d’éviter les contrôles: grimper la colline de Mandalay à pied, entrer dans les pagodes par la porte arrière, éviter le palais central, certes refait à neuf mais sans vraiment d’intérêt. Nous commençons donc par une pagode, une autre, mais cette fois-ci ce sera une où un culte vivant et spectaculaire prend place. Les fidèles y collent de fines feuilles d’or sur une statue de Boudha depuis des siècles. Chose étrange pour le bouddhisme, la définition de fidèle n’inclue pas les femmes. Seuls les hommes pourront approcher la statue sacrée et y poser leur offrande dorée. Les femmes resteront derrière, à prier l’Illuminé, l’Éveillé, et à tendre leurs feuilles dorées aux hommes qui voudront bien aller les apposer pour elles.

Le reste de la journée se déroulera au hasard de notre errance dans la ville. Difficile d’y être impressionné, Mandalay, un nom qui évoque exotisme et aventures, ne sera en fait qu’une grande ville sale et peu intéressante. On s’y fatigue vite et il ne faut pas très longtemps pour y perdre sa motivation de piéton et revenir à bord d’un tri-shaw. Cela dit, tout ne sera pas perdu. Tout juste avant le coucher du soleil, nous aurons la chance de grimper les longues marches jusqu’au sommet de la colline de Mandalay et, bien assis près d’un autre Bouddha bienveillant, admirer la ville depuis son point le plus haut. Première surprise: elle est encore plus verte que l’on croyait. Le centre historique, le palais ‘interdit’ (à cause des 10$!), est entouré d’un mur carré et d’un fossé rempli d’eau. Les arbres sont partout, véritable poumon vert pour la ville autrement étouffante. À quelques kilomètres au nord de la ville, le paysage devient rizières et pâturages. Le coucher de soleil magnifique, écarlate et doré à la fois, viendra baigner le tout d’une chaude lumière exceptionnelle. La ville aura finalement réussi à nous charmer. Et, comme pour confirmer que Mandalay sait nous surprendre, nous ferons ensuite la rencontre de Weeno, un conducteur de tri-shaw à l’anglais bien développé. Alors qu’il pédale de toutes ses forces pour nous amener vers un comptoir à chapatis au coin d’une rue ou vers notre hôtel au centre de la ville, il me raconte son histoire, ses six mois en prison, ses chances d’étudier à jamais perdues. Il me parle de sa méfiance face à ce gouvernement qui n’a jamais rien fait pour les birmans. Il me donne enfin ce que j’étais venu chercher ici. Je conclus cette soirée en proposant à Weeno, qui est aussi chauffeur de taxi à ses heures, d’être notre guide demain pour nous emmener visiter les anciennes cités autour de Mandalay. Marché conclu.

30/03 Jour 15- Ancien

Amapura, Sagaing, Inwa. Trois cités construites autour de Mandalay au gré des caprices des rois qui voulaient changer l’emplacement de leur capitale. Une journée à faire le tour de ces endroits, avec Weeno comme chauffeur et guide, et cette fois accompagnés de Jean-Christophe et Fanny, un couple de jeunes montréalais. À ce point du voyage, et encore plus pour moi après tous ces mois en Asie, les pagodes ne semblent plus vraiment dignes d’intérêt. Tous ces centres religieux sont trop souvent construits exactement de la même manière, de même couleur, de même configuration. Un Bouddha assis, toujours aussi serein, quelques fresques modernes sur la vie de Siddarta et des milliers de dollars en offrande dans des boîtes de donation. Les escaliers sur le flanc des collines de Sagaing ne seront donc qu’une promenade de santé, pour un aperçu de Mandalay depuis un autre point de vue.

Inwa quant à elle n’a que très peu à offrir mais la balade dans la campagne est bucolique, même si c’est une étape incontournable du parcours touristique birman. Une bonne douzaine de personnes nous attendrons de l’autre côté du traversier pour nous convaincre de faire le tour de l’île à bord d’une charrette tirée par de vieux canassons au bord de l’épuisement, jusqu’au point où la patience finira par s’effacer et le ton monter. Oui, d’accord, le monastère se trouve ‘very very far’, mais il n’est pas question de payer pour le transport en charrette, même après plus d’un quart heure à être suivis par une insistance qui rappelle les endroits les plus touristiques de l’Asie du Sud-Est. Peu de ruines à voir au final mais une vie tranquille qui nous entoure, avec quelques exemples de maisons traditionnelles, bâties le plus souvent sur pilotis. Une tour de surveillance, vestige des anciennes murailles, est présente au cœur de la campagne, témoin d’un passé glorieux, belliqueux, qui est bien difficile à imaginer aujourd’hui. Amapura, dernière étape, sera la surprise finale. Un pont en teck, un pont qui semble ne jamais terminer, y traverse le lac. Un peu avant le crépuscule, les gens des villages environnants l’empruntent pour aller d’un côté ou de l’autre. Coup de chance lors de notre passage: les moines font la fête. Leurs examens sont terminés, leur année scolaire s’achève. Tous âgés en début de vingtaine, ils arrosent les passants, surtout les demoiselles, avec de l’eau, exactement comme le feront des milliers de gens dans une semaine, lors du festival Thingyan (l’équivalent du Song Kran thaï). Plus que jamais, c’est là que l’on découvre le charme du Myanmar: pas vraiment dans ses temples et ses ruines mais plutôt chez ses habitants, avec leurs grands sourires et leur hospitalité. Mandalay aura été, au final, une belle étape du voyage. Il ne reste maintenant plus que Bagan et ses milliers de temples.

Fin d'une journée de travail sur le pont d'Amarapura


Responses

  1. J’ai eu beaucoup de plaisir à visionner à la loupe ces belles photos montrant le quotidien de ces gens .

    Avec quelques réserves… la circulation, c’est comme ici, pendant les heures de pointe .. on prend la queue ! (photo 52)
    J.


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