Posted by: liblanc | February 16, 2010

Las chicas, un autre regard

Pura Vida en Costa Rica!

Voici Pamela, une jolie Costa Ricaine (on dit aussi ‘tica’) que j’ai rencontrée lors d’une journée de snorkelling dans l’île de Tortuga. Une fille du pays, de la capitale San José plus précisément, moderne et polyglotte. Bien différente de ses consœurs du reste de l’Amérique Centrale, elle personnifie la différence dans les différents destins que suivent les pays de cette région du monde. Dans le pays voisin, le Nicaragua, les choses auraient sûrement été bien différentes pour elle. Au Honduras, qui semble encore plus reculé sur à peu près tous les tableaux, elle aurait peut-être déjà plusieurs enfants, un mari et ses études de marketing seraient restées qu’un doux rêve, une illusion. C’est à la suite de cette rencontre, et de quelques autres, que je me suis progressivement rendu compte qu’il y avait un sujet à développer, un point commun, voire un point de comparaison, entre ces pays que je viens tout juste de visiter. Les ‘latinas’ (ou ‘ladinas’, comme pour Pamela), ne sont pas seulement très belles; elles sont aussi le reflet de leur culture et de leurs sociétés, si archaïques qu’elles puissent paraître parfois sous le regard occidental. Un sujet à approfondir.

Pamela vit donc de son modeste salaire d’assistante comptable même si la vie au Costa Rica n’est pas donnée. Malgré tout, elle a eu la chance de voyager en Europe, d’y trouver des amis, et elle pense maintenant à tenter sa chance en Allemagne, pays dont les gens, la langue et la culture l’ont impressionnée. Pamela est un peu à l’image de son pays: presque européenne, occidentalisée, avec un avenir qui semble radieux. Sans être de bonne famille, ce qui serait un pré-requis à ce genre de vie dans les pays de la région, Pamela a su se donner les moyens d’arriver à une situation confortable qui lui donne ce genre de liberté.

Sortir de l’ombre (Antigua, Guatemala)

Bien avant de rencontrer Pamela, j’avais fait la connaissance de Cali, une salvadorienne dans la fin de vingtaine qui, elle aussi, avait eut une vie que l’on pourrait qualifier de réussite. Elle vivait auparavant entre San Salvador et les grandes villes américaines, au service d’une multinationale bien implantée en Amérique Centrale. Comme elle le disait elle-même, elle pouvait manger des sushis tous les soirs dans les restaurants de la capitale, signe d’une vie faste. Pourtant, quelque chose manquait. Face aux difficultés que ses compatriotes affrontaient chaque jour, à la misère, à la violence, elle avait l’envie, non, le besoin, de faire autre chose. Elle a tout abandonné pour ouvrir un petit ‘hostal’, un ‘hospedaje’ sur la côte. Le Salvador commence à peine à s’ouvrir aux visiteurs étrangers. Le ministère du tourisme n’existait tout simplement pas il y cinq ans. Là où elle s’est installée, un peu en dehors des sentiers nouvellement battus, Cali ne voit pour l’instant que très peu de ces backpackers dont elle recherche la clientèle. Elle ne sait pas encore si son business sera prospère. D’un autre côté, elle ne semble pas vraiment le vouloir. Elle a en effet peur, très peur. Les gangs, les fameux ‘maras’, sont omniprésents. Si son affaire génère de bons profits, elle attirera l’attention des gangs. Les choses changeront, sa sécurité sera remise en question. Elle n’a pas de ‘novio’ (ni de mari) suite à sa précédente vie solitaire de femme d’affaires et, dans un pays où le machisme est à son paroxysme, elle sait qu’elle sera vue comme une proie facile. Lorsqu’elle me parle de son pays, de ses problèmes, j’aperçois des larmes qui se forment. Son sentiment de culpabilité est grand, tout comme son désespoir face à la situation actuelle du Salvador. Elle apporte sa minuscule brique aux fondations d’un pays qui devra éventuellement se moderniser mais tout cela semble parfois bien futile.

Latinas mais aussi afro-caribéennes

Malgré leurs vies différentes, Pamela and Cali ont quand même un grand avantage: elles gardent le contrôle de leurs vies respectives. La plupart des femmes de leur âge sont déjà mariées et mère de plusieurs enfants. Dans les chicken bus, il n’est pas rare de voir une jeune mère d’à peine vingt ans avec trois bambins dans les bras. Certaines doivent se marier avant même d’avoir fêté quinze ans. Il ne sera donc pas question d’aller à l’école très longtemps et encore moins de voyages dans de lointains pays. Cette fois-ci, ce sont les volontaires présents sur le terrain qui me fourniront les détails car les contacts sont beaucoup plus difficiles à établir. Ellen est hollandaise et a passé quelques mois au Nicaragua à enseigner l’éducation sexuelle aux jeunes filles (ce qui en gros signifie comment ne pas tomber enceinte avant même de savoir ce que c’est ) et Cliff, un américain oeuvrant dans les Peace Corps qui vit avec sa petite communauté dans les collines. Ils m’expliquent, chacun à leur tour, que l’Église n’a jamais vraiment réussi à associer un sentiment de culpabilité à la sexualité et encore moins à convaincre les latinos que le sexe va avec mariage et union. Sa seule réussite sur le sujet? Désapprouver l’utilisation de la contraception. Le résultat est évidemment catastrophique. Trop jeunes pour élever elles-mêmes leurs rejetons, elles les confient à une tante ou à la grand-mère. Ce n’est certainement pas le seul endroit dans le monde où cela se produit mais ici c’est de l’Amérique Centrale dont on parle, si près des USA, et non pas une contrée reculée sans contact avec le monde extérieur. La manière selon laquelle une société traite plus de la moitié de sa population est aussi un critère d’avancement, et en ce, ces pays d’Amérique Centrale semblent avoir beaucoup d’efforts à faire.

Il y avait aussi Michelle, hondurienne aux études à San José qui se demande si son pays lui offrira réellement des opportunités lorsqu’elle obtiendra son diplôme en gestion de l’environnement. Le pays n’est pas tellement connu pour ses politiques en la matière. Devra-t’elle rester au Costa Rica, là où il y a une demande pour ce genre de profession? Elle parle espagnol, anglais, français et hollandais. Une vraie surprise qui nous attendait, moi et mes amis, lorsque nous l’avons rencontrée dans un bar de San José. Que très peu de temps passé avec elle, mais assez pour avoir une bonne idée de ce qu’elle vit et à quoi elle aspire.

Voici donc en quelques tableaux un certain portrait de ces femmes de la Centro America. Bien d’autres auraient pu témoigner mais ce sont celles avec qui j’ai eu la chance de discuter. Il est connu que les femmes de ces contrées ont ce pouvoir sur les hommes, avec leurs hanches en amphore et bien souvent leur surabondance mammaire digne d’un délire freudien, sans oublier cette peau aux couleurs du soleil, mais il y a aussi des histoires à écouter, des facettes de la culture qui ne se révèlent que lorsque l’on s’intéresse à leurs destins. En ce, je suis plutôt satisfait de ces trois mois au centre des Amériques.

Croire en l’avenir (Guatemala)


Responses

  1. Tu as beau me présenter Paméla sur toutes ses coutures, c’est en premier lieu ton visage et ton sourire qui attirent mon attention … désolée pour
    Paméla !
    ton visage rayonnant… et toujours cette envie de croquer la vie à belles dents …
    mais c’est toi qui a la pêche !
    je savais que l’Amérique Centrale était un sanctaire pour diverses espèces mais pas pour d’aussi belles créatures .


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